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Actualités (2017)


Ingénieur et manager ? (2017-07-12)


Toutes les écoles d'ingénieurs intègrent dans leur enseignement des modules d'ouverture vers le management d'équipe, la gestion, les ressources humaines, etc. Ceci ne correspond pas immédiatement à l'idée intuitive du métier d'ingénieur. M. Nesim Fintz, fondateur et directeur général de l'EISTI, a bien voulu nous éclairer.





Tout ingénieur a-t-il vocation à devenir manager ?

Il y a une bifurcation dans les carrières des ingénieurs. Après trois ou quatre ans d'activité professionnelle, un ingénieur doit choisir de devenir soit un spécialiste pointu d'un domaine, soit un ingénieur-manager capable de gérer à la fois la technique, le budget, le calendrier et les hommes. S'il ne fait pas ce choix, l'ingénieur risque de se trouver face à une vive concurrence et de stagner.



Est-ce une situation nouvelle ?

Oui et non. Il y a trente ans par exemple, cette bifurcation existait déjà mais il était plus facile d'être ingénieur-manager car les problèmes à résoudre étaient moins complexes. Le mot « complexe » a ici un sens précis, il veut dire que l'on ne peut pas résoudre le problème en se contentant de résoudre un à un tous ses paramètres. Ceux-ci interagissent et il faut donc une approche globale. Ce qui a changé, c'est que l'ordinateur permet maintenant à un nombre réduit de personnes d'appréhender toutes les facettes d'un projet. L'appareil doit fonctionner, mais aussi consommer le moins possible, avoir un impact environnemental réduit, il est composé de pièces de diverses origines... L'ordinateur permet une modélisation de l'ensemble. Aux ingénieurs d'en tirer parti pour faire une synthèse intelligente.



Quel est l'impact sur la formation des ingénieurs ?

Les cours d'ouverture doivent rester en quantité raisonnable afin que la formation reste avant tout scientifique et technique. Pour les élèves qui se sentent attirés par le management, autant leur donner la possibilité d'étudier en plus dans une vraie école de commerce. L'EISTI par exemple permet à ses élèves de passer un an à Grenoble École de management entre les 2e et 3e années du cycle ingénieur, et d'acquérir un double diplôme. Des élèves sélectionnés par l'EISTI sont aussi admissibles à l'ESSEC.



Merci pour cet entretien.



Guide des bourses (2017-07-06)


Sous conditions de ressources, les pouvoirs publics peuvent vous octroyer une bourse et vous exonérer de certains frais. Mais il existe aussi des organisations privées qui octroient des bourses sur divers critères. La Fondation de France a mis en ligne un outil pratique (clair, gratuit, sans inscription) qui vous permet d'identifier les associations philanthropiques susceptibles de vous donner un coup de pouce, c'est le « Guide des bourses » (privées).



Sigma Clermont fusionne ses campus (2017-06-22)


En 2016, l'IFMA (mécanique avancée) et Chimie Clermont-Ferrand ont fusionné pour créer Sigma. L'école va maintenant bâtir un nouveau campus pour rassembler en un même lieu les élèves et les enseignants-chercheurs.



Les entretiens de motivation (2017-06-20)


Les écoles qui recrutent sur le concours e3a intègrent à leur processus d'admission un oral dit d'entretien ou de motivation. Celui-ci ne ressemble en rien aux khôlles ni aux oraux scientifiques: il s'agit de parler de vous, de votre vision des études et des métiers, de discerner vos envies, vos compétences relationnelles et analytiques, et d'évaluer dans quelle mesure vous pourriez vous épanouir dans l'école à laquelle vous candidatez.

Le jury apprend beaucoup sur vous à cette occasion, et ce que vous dites n'en constitue qu'une petite partie. Il y a aussi la manière dont vous vous exprimez (silences, hésitations, niveau de langue, langage corporel, confiance en soi), la manière dont vous abordez la question (combien d'aspects possibles vous avez détectés, remise en cause ou non des présupposés de la question, approche analytique ou intuitive, sincérité ou embellissement...), et ce que vous ne dites pas (volontairement ou non). Ces oraux sont bien moins simples qu'il n'y paraît.

Pour l'école, l'enjeu n'est pas de vous évaluer en tant que personne mais en tant que futur élève potentiel. Le jury veut savoir si les enseignements proposés par l'école, et l'optique pédagogique qu'elle propose, peuvent vous convenir. Mieux vaut pour vous, comme pour l'école, que vous choisissiez une formation qui débouche sur un métier qui vous attire ! Pour l'école, c'est parfois aussi une occasion de vous faire visiter ses locaux, ce qui est une excellente manière de nouer un contact fort.

Pour vous aider à aborder les questions des oraux de motivation, M. Franck Pissochet, directeur de la communication de l'ESIEA (informatique, électronique, automatique), vous en donne les clefs.




Les oraux des concours d'entrée peuvent être perçus par les candidats comme une étape déstabilisante et nombreux sont ceux qui ne mesurent pas l'importance de questions parfois trop « évidentes ». Que veut-on véritablement savoir lorsqu'on demande à un candidat comment il s'organise dans son travail, ce qu'il entend par « ingénieur », ou quel est son projet professionnel ? Les questions les plus simples sont souvent les plus désarmantes : parce que leur compréhension ne recèle aucun défi, les candidats tendent à y répondre rapidement, incomplètement, voire mal. Or, bien répondre aux questions posées lors des oraux peut être aussi important que de présenter un bon dossier académique. Il ne suffit donc pas de préparer ce que l'on va dire, il faut aussi savoir ce que l'on veut vous faire dire. À ce titre, il est bon de rappeler quelques évidences quant au pourquoi des questions posées par le jury.

Pourquoi notre école ? / Que pensez-vous trouver ici que vous ne trouverez pas ailleurs ?

Il ne faut pas se laisser désarmer par cette question en pensant qu'elle appelle une réponse démesurément enthousiaste (elle peut aussi prendre la forme « qu'attendez-vous de la formation ? »). Le jury n'attend pas d'un candidat qu'il réponde « parce que c'est la meilleure ». On cherche en revanche à savoir s'il s'est déjà renseigné sur les modules enseignés, sur les débouchés, s'il connaît des anciens élèves de l'école, si la réputation de tel ou tel laboratoire lui est parvenue, etc. L'ordre de choix de l'école n'a pas à être justifié et il est tout à fait pertinent de répondre « je cherchais une école ayant une spécialité cryptologie ou big data, j'en ai choisi plusieurs qui proposaient ces cursus, dont la vôtre pour son module xx ». Bonne ambiance, bon contact avec les enseignants, projets intéressants : tous les critères sont recevables. Une bonne réponse doit donner assez d'éléments informatifs pour montrer que l'on ne cherche pasà échapper à la question.

Quel est votre projet professionnel ?

Il va de soi qu'un jury n'attend pas une réponse parfaitement construite : un étudiant peut rêver de devenir expert en cybersécurité avant de changer d'avis. De même, après la sortie du lycée, un étudiant n'a pas assez de recul pour avoir un projet précis sur les 5 prochaines années. Le jury souhaite simplement savoir quelle perception du métier d'ingénieur a le candidat. En effet, on ne sera pas le même ingénieur dans le BTP, dans les Eaux et Forêts ou dans les nouvelles technologies. On attend donc un début de compréhension des métiers qui s'y rattachent, tout en sachant qu'elle s'affinera au fil du cursus. Il ne faut pas avoir peur de dire que l'on ne sait pas encore exactement quelle direction prendre, tout en évoquant ses centres d'intérêt : imagerie scientifique, réalité virtuelle (par exemple). C'est aussi le moment de faire preuve de curiosité, une qualité très valorisée par le jury, car indispensable aux métiers de l'ingénieur.Un conseil : il est inutile de se précipiter pour répondre. Prendre le temps, même lorsque la réponse vient facilement permet qu'à un autre moment, si une difficulté se présente, un silence un peu long soit perçu comme normal et non comme une hésitation.

Qu'est-ce qu'être ingénieur ? Comment voyez-vous le métier d'ingénieur ?

Le jury cherche à savoir si le candidat possède de bonnes capacités d'écoute et de synthèse (car l'un des défis professionnels de l'ingénieur, avant même de proposer des solutions, sera de préciser les intentions, souhaits et besoins du client.) Les réponses des candidats peuvent être amusantes : certains n'hésitent pas à parler de la fois où ils ont réparé le système d'arrosage automatique du jardin familial et se sont senti une vocation pour le métier. Ce qui en ressort, c'est qu'une réponse personnelle est toujours bonne lorsqu'elle est sincère. Savoir écouter, être curieux, aimer rendre service, aimer trouver des solutions aux difficultés rencontrées, sont les qualités que le jury cherche à discerner dans la réponse produite.

Comment vous organisez-vous pour travailler actuellement ?

Cette question permet au jury d'estimer si le candidat est prêt à assumer une charge de travail quotidienne plus ou moins importante ; s'il sait, par exemple, anticiper et travailler étape par étape ou bien au contraire, fait tout en dernière minute ; s'il travaille seul ou à plusieurs, s'il est inscrit à des cours en ligne, s'il sait mener des recherches documentaires efficacement, etc. Il est possible de répondre que justement, vous aimeriez des conseils pour mieux vous organiser ou mieux gérer votre temps : l'école et ses enseignants sont aussi aussi là pour proposer des méthodes de travail et améliorer les vôtres.

Quelles sont vos activités en dehors de vos études ?

Certains candidats se sentent dépourvus face à cette question car ils craignent que leurs activités ne correspondent pas aux attentes du Jury. Vous aimez les jeux-vidéo ? Valorisez l'esprit d'analyse, ou le travail en équipe qu'ils impliquent. Vous êtes un fan de séries ? Mettez en avant les débats critiques qu'elles suscitent... Il est inutile de s'inventer une vie de projets humanitaires pour l'occasion ! Cette question n'existe que pour apprécier la capacité d'un candidat à se confronter à d'autres univers ... quels qu'il soient. Elle permet aussi de distinguer des profils différents et complémentaires : ceux qui prennent soin de leur équilibre personnel grâce à des activités culturelles ou de bien-être (sport, musique, etc.), ceux qui privilégient le domaine scientifique (club robotique, de programmation, etc.), ceux qui aiment transmettre (cours ou présence dans les centres aérés). Etc.

En conclusion

Aujourd'hui encore, la culture française tend à reconnaître et privilégier l'expression d'une vocation : on serait ou non « fait » pour tel ou tel parcours. En vérité, la motivation et le travail effectué décident aussi de la réussite des études car les facilités scientifiques ne sont pas tout. Un ingénieur n'est pas un technicien et ses compétences humaines compteront beaucoup dans ses succès futurs. La peur d'être évalué (voire jugé) en tant que personne est profondément ancrée en chacun. Il peut être rassurant de savoir ceci : il est dans l'intérêt d'un jury de se montrer attentif et bienveillant afin de ne pas perdre son temps. Enfin, ce même jury sera toujours reconnaissant envers les jeunes gens qui ont osé être eux-mêmes en public en évoquant librement ce qu'ils aiment et ce à quoi ils rêvent. Son objectif, n'est pas de leur faire passer un mauvais moment, mais au contraire de les aider à faire un bon choix.



On a retrouvé 68% de l'univers ! (2017-05-01)


Il y a un siècle, les astronomes pensaient que l'univers était infini et éternel. En 1927, le prêtre belge Georges Lemaître conjectura, à partir des équations de la théorie de la relativité générale, que l'univers pouvait avoir un commencement, ce que l'on appela plus tard le Big Bang. Cette théorie reçut un début de confirmation quand en 1929 Edwin Hubble observa que plus une galaxie est éloignée de nous, plus son spectre dérive vers le rouge, ce qui signifie (effet Doppler) qu'elle s'éloigne de nous.

Un autre changement majeur dans notre compréhension de l'univers intervint dans les années 1960. Dès la fin du XIXe siècle, Lord Kelvin avait conjecturé, en observant la distribution des vitesses des étoiles, qu'il y avait plus de matière dans notre galaxie que l'on ne pouvait en voir au télescope, ce qui avait conduit Poincaré à parler de « matière noire » en 1906. Dans les années 1960, de nouvelles observations de la vitesse de rotation des galaxies, grâce à de nouveaux moyens techniques, confirmèrent l'intuition: la matière que l'on observe, c'est-à-dire les étoiles, ne représente que 15% de la matière dans l'univers d'après les théories actuelles. La matière noire, supposée combler le manque, n'a encore jamais été observée, mais les recherches vont bon train.

Pire encore, dans les années 1990, de nouvelles observations conduisirent à conjecturer que la matière ne représente que 32% de l'énergie dans l'univers, le reste étant constitué d'« énergie noire ». Dans ces conditions, la matière visible ne représenterait que 5% de l'énergie de l'univers. L'énergie noire n'a jamais encore été observée directement.

En un siècle, les astronomes ont donc « égaré » 95% de l'énergie dans l'univers. C'est embêtant, tout de même.

Mais peut-être l'énergie noire n'existe-t-elle tout simplement pas: c'est la théorie que des chercheurs hongrois viennent de publier. En effet, les équations de la relativité générale sont particulièrement complexes mathématiquement, et jusqu'ici les astronomes s'appuyaient, pour les mettre en œuvre, sur un modèle simple d'univers, de densité constante. Or la répartition de la matière dans l'univers n'est pas du tout constante puisque les galaxies se concentrent à la surface de sortes de bulles gigantesques. Si l'on intègre cette répartition dans le modèle de développement de l'univers depuis le Big Bang, la simulation numérique colle parfaitement aux observations, sans introduire aucune énergie noire.

Des observations devront confirmer ou infirmer cette théorie; il serait cocasse que l'énergie noire, qui occupe bien des astronomes depuis vingt ans, n'ait été qu'un mirage résultant d'une approximation trop grossière.



Quelle ville choisir? (2017-02-23)


Parmi les nombreux paramètres que vous prendrez en compte pour choisir votre école, le climat n'est pas à négliger. Le site Solargis vous offre des cartes précises montrant l'ensoleillement, la température moyenne et le relief.



L'ENSAE déménage à Saclay (2017-02-07)


À 15 km au sud-ouest de Paris, le « cluster » de Saclay ambitionne de regrouper un quart de la recherche scientifique française, combinant grandes écoles, universités, centres de recherche et entreprises. De nombreuses écoles de la région parisienne s'y transposeront ou l'ont déjà fait. L'ENSAE (Statistiques et administration économique, concours Mines-Ponts) s'installera dans son nouveau bâtiment à Saclay à la rentrée prochaine.



Son directeur, M. Pouget, a bien voulu nous en parler.


Pourquoi partir à Saclay ?

L'ENSAE est actuellement située à Malakoff, en proche banlieue parisienne. Nos locaux sont répartis sur trois sites distants de 500 m. L'un est partagé avec l'INSEE et abrite les équipes de recherche en statistiques, un autre accueille les équipes d'économie et finance, un troisième, la sociologie et la formation continue. À Saclay, notre surface sera plus que doublée, ce qui permettra de réunir tout le monde au même endroit. Le département d'économie de l'X viendra aussi s'installer chez nous. Nous serons sur un vrai campus.

Nous pensons aussi que le cluster nous permettra de renforcer les partenariats de nos laboratoires avec des entreprises et nous espérons bénéficier de son attractivité internationale.


Recruterez-vous plus d'élèves de prépa ?

Oui, dès l'année prochaine nous passerons de 45 à 50 élèves recrutés dans la filière MP. Dans l'ensemble, nous passerons à terme d'environ 500 à environ 750 élèves toutes années confondues. Nous accueillons déjà des élèves des prépas commerciales et des khâgnes scientifiques, des élèves admis sur titre ou en double diplôme provenant d'autres grandes écoles (X, ENS Paris-Saclay, HEC, ESSEC, etc.) ainsi que des étudiants de l'université et des étudiants étrangers. Nous souhaitons aussi accueillir plus d'étudiants dans les masters, les mastères spécialisés, et plus de doctorants.


Quelles seront les conditions de vie des élèves à Saclay ?

Une ambition du cluster est la mutualisation. Il n'y aura pas de résidence réservée aux étudiants de l'ENSAE, mais ils pourront se loger dans une résidence qui est en cours de construction à proximité de l'école, en compagnie d'élèves d'autres écoles. Concernant les transports, la situation s'est améliorée au sein de Saclay grâce à un bus en site propre qui passe maintenant à une fréquence raisonnable et qui relie le campus au RER B. Nous attendons néanmoins avec impatience l'ouverture de la ligne de métro du Grand Paris, qui est espérée pour 2024.

Enfin, pour les études, la situation sera meilleure car les locaux seront mieux adaptés à l'enseignement et une pédagogie plus tournée vers le numérique pourra être mise en place.


Merci pour cet entretien.



De l'hydrogène métallique (2017-01-27)


À température ambiante, les atomes d'hydrogène se présentent sous la forme de molécules de dihydrogène, fort rares puisqu'elles ne représentent que 0,000 05% de la composition de l'atmosphère terrestre. Ce gaz léger est notoirement difficile à liquéfier puisqu'il descendre à 14 K (-259 °C). La forme solide, elle, n'apparaît pas même à température très basse. Du moins, sous 1 atm (105 Pa) car en 1935, des physiciens avaient calculé qu'une pression suffisante, à 14 K, permettrait d'obtenir un métal.

Cet exploit vient d'être réalisé par une équipe de l'Université Harvard (États-Unis). Pour cela, il a fallu soumettre l'hydrogène à une pression de 495 GPa. À titre de comparaison, la pression au centre de la Terre est de 380 GPa.

Avant d'atteindre cette pression, le diamant dont était composée la « pince » appuyant sur l'échantillon se brisait. Diverses améliorations jouant sur la composition de la pince et la lumière utilisée ont permis de surmonter le problème. L'hydrogène solide renvoie la lumière, ce qui est le signe que c'est un métal.



Cette expérience nous rappelle que former un métal solide n'est pas réservé à certains éléments de la classification périodique. Un solide est un métal s'il contient des électrons qui peuvent se déplacer librement. De nombreux éléments, comme le soufre, donnent des métaux lorsqu'ils sont soumis à une pression suffisante. Sous pression ambiante, ni le charbon ni le diamant ne sont des métaux, mais certains nanotubes de carbone le sont.
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